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«La rocambolesque histoire de réfugiés américains» Fribourg, Suisse


a newspaper article published while we were living in Fribourg, Switzerland (10 July 2004)
La Liberté, front page heading

La rocambolesque histoire de réfugiés américains
La Liberté, front page photo

FRIBOURG: L’été passé, la famille Gary Spaulding a fait une demande d’asile politique en Suisse car elle se sentait «persécutée» par le FBI. Les requérants ont été déboutés.

Des Américains qui demandent l’asile en Suisse. Peu banal. Mais l’histoire de la famille Spaulding, elle, est rocambolesque. Se sentant «traqués» par le FBI après être venus en aide à la secte des davidiens de Waco, Gary Spaulding, sa femme et leurs quatre enfants débarquent en Suisse l’été dernier. Convaincus d’être victimes d’une série de persécutions, ils refusent de retourner dans leur pays. CHRISTOPHE BOSSET

La Liberté, page 11 heading

L’étrange histoire des Spaulding, requérants d’asile américains

STEPHANIE SCHROETER

Une famille américaine qui demande l’asile politique en Suisse? Non! Ce n’est pas une plaisanterie et d’ailleurs Gary Spaulding n’a pas envie de rire puisque lui et les siens sont menacés d’expulsion du territoire helvétique. Une histoire pour le moins rocambolesque qui a débuté l’été passé lorsque Gary Spaulding, accompagné de son épouse et de ses quatre enfants âgés de 5 à 12 ans, a fait une demande d’asile et a été affecté au canton de Fribourg.

Mais pourquoi diable une telle requête alors que les Etats-Unis sont considérés comme un pays sûr? Dans un dossier comprenant plusieurs pages et en quatre langues, l’intéressé explique son parcours. Un récit digne d’un roman policier qu’il a raconté à La Liberté. Agé de 52 ans, Gary Spaulding prétend être «poursuivi par le FBI» (Federal Bureau of Investigation, la police fédérale américaine) et un retour aux Etats-Unis constituerait un «réel danger de mort pour lui et sa famille».

«Ils voulaient expulser Dieu»

Tout a commencé il y a plus de trente ans, lorsque le jeune Gary s’est rendu compte des «changements injustes et profonds quant à la moralité au niveau politique ainsi que l’expansion immense des pouvoirs policiers». Se sentant «appelé par Dieu», le jeune homme a souhaité agir contre ces dérives. Voilà pour la motivation. Une «longue histoire de persécution» comme il la qualifie qui débute près de Chicago. Enseignant les langues, il aurait été licencié pour avoir écrit un journal intitulé «a Jesus Newspaper». «Ils voulaient expulser Dieu de l’éducation et nous avec».

La Liberté, page 11 photo

La demande d’asile de la famille Spaulding a été refusée. Les Américains devraient quitter la Suisse mais sont opposés à rentrer dans leur pays, craignant des menaces du FBI. Ils espèrent pouvoir se rendre au Paraguay. Photo: CHRISTOPHE BOSSET

Tout se gâte en février 1993, lorsqu’il tente avec un ami de venir en aide aux davidiens, disciples de David Koresh à Waco (Texas). Après cinquante et un jours de siège dans un ranch fortifié, une septantaine de membres de la secte trouvent la mort, brûlés vifs. Suicide collectif ou erreur du FBI présent sur les lieux du drame? Les questions restent à l’heure actuelle sans réponse.

«Nous savions grâce aux journaux que les familles étaient coupées d’aide venant de l’extérieur. J’y suis allé le 16 avril avec un convoi humanitaire dans l’intention de les soutenir, mais on s’est fait arrêter par le FBI et nous avons passé une nuit en prison. Pourtant, nous ne sommes pas membres de cette secte».

Un crime de guerre

Selon la version du requérant d’asile américain, la tragédie de Waco s’apparente à un crime de guerre car le FBI a voulu «anéantir un groupe en faisant exploser le ranch». «Ils ont jeté du gaz militaire sur tout le monde pendant six heures. Ils ont perforé les murs avec des canons de chars militaires et ils ont mitraillé quiconque tentait de fuir».

Il dit se sentir toujours «traqué» par la police américaine. «Ils croyaient que j’étais affilié au groupe et ils m’ont traité comme un criminel! Ils ont reporté sur moi leur culpabilité». Un enquêteur sur les sectes aurait même été engagé pour le suivre et le surveiller, s’offusque-t-il.

Dix ans après les faits, la famille Spaulding quitte son pays craignant d’être arrêtée et «persécutée» par le FBI. «Nous étions convaincus avec ma femme que nous ne pourrions plus vivre tranquilles et en toute sécurité aux Etats-Unis». Contactée pour exprimer son point de vue sur toute cette histoire, l’ambassade américaine à Berne n’a pas daigné répondre à nos questions.

Après un détour par l’Espagne [suivi par Andorre] et une expulsion plus tard (encore un coup des Etats-Unis selon lui), Gary Spaulding a débarqué sur le sol helvétique l’été passé. Il fait une demande d’asile politique et suit la procédure. Au centre d’enregistrement de Vallorbe, il est affecté au canton de Fribourg. «Les officiers suisses ont falsifié les déclarations que nous avons faites à Vallorbe. Ils ont dit que nous n’avions pas quitté les USA par peur et nous ont refusé l’asile», explique un Gary Spaulding très remonté, en ajoutant que son épouse enceinte au moment des faits avait fait une fausse couche. [Pire encore: la fausse couche a été provoquée pendant les interviews stressants par les officiers suisses!] #

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